Des chercheurs ont observé une réorganisation de la connectivité neuronale chez des personnes atteintes de sclérose en plaques ayant suivi un entraînement cérébral en jouant à un jeu vidéo.

Des chercheurs ont observé une réorganisation de la connectivité neuronale chez des personnes atteintes de sclérose en plaques ayant suivi un entraînement cérébral en jouant à un jeu vidéo.

Le célèbre jeu de Nintendo « Dr Kawashima Brain Training » a été utilisé par des chercheurs américains pour tenter d’atténuer les effets de la sclérose en plaques. Et ça marche !

 

Décriés pour leur aspect addictif et parfois violent, les jeux vidéo ont pourtant quelques vertus pour le cerveau. Dernière preuve en date, les résultats concluants d’une petite étude menée auprès de patients atteints de sclérose en plaques, une maladie caractérisée par un dérèglement du système immunitaire qui s’attaque à la myéline, l’enveloppe protectrice des fibres nerveuses (cf. encadré). Des chercheurs de la Harvard Medical School à Boston (Etats-Unis) sont parvenus à améliorer la connectivité  neuronale chez une douzaine de patients grâce à un programme de réadaptation cognitive fondée sur l’utilisation du célèbre jeu vidéo Dr Kawashima Brain Training de Nintendo. Des travaux parus dans la revueRadiology.

La myéline est une membrane biologiquequi enveloppe les axones des neurones et permet d’assurer la transmission efficace d’information d’un neurone à l’autre. Lorsqu’elle est détériorée, les informations transitent moins vite, mal, voire pas du tout. Troubles de la sensibilité, de la mobilité, de l’équilibre, de la cognition… un vaste panel de symptômes peuvent ainsi survenir par poussée en fonction de la gravité et de la localisation de la démyélinisation caractéristique de la sclérose en plaques.

24 patients atteints de sclérose en plaques ont été inclus dans l’étude. Mais seuls 12 ont bénéficié de l’entraînement cérébral (les 12 autres constituant un groupe témoin). Et il valait mieux pour eux qu’ils apprécient le jeu : en 8 semaines, ils ont eu le droit à pas moins de 40 séances de 30 minutes d’exercices chacun ! Ils ont passé une série de tests cognitifs avant et après les 8 semaines. Surtout, leur connectivité neuronale a été observée avant et après par IRM fonctionnelle. Ce qui a permis aux chercheurs de constater une réorganisation des circuits neuronaux impliqués dans l’accomplissement des exercices proposés par le jeu, évidemment non observée dans le groupe témoin.

Une réorganisation du cerveau

« L’IRM fonctionnelle nous permet d’étudier quelles zones du cerveau s’activent simultanément et donne une information sur la participation de certaines régions à des circuits spécifiques », explique le Dr De Giglio.« Quand nous disons avoir amélioré la connectivité, il faut comprendre que ces circuits ont été modifiés de façon à accroître l’extension des zones qui travaillent simultanément ». Autrement dit, le fait de jouer a permis de solliciter de nouveaux circuits neuronaux pour pallier la déficience de ceux touchés par la démyélinisation.

S’il n’est évidemment pas question pour l’heure de prescrire à tous les malades des séances de jeu d’entraînement cérébral, les chercheurs apporte la preuve de concept qu’un entraînement cérébral permet bel et bien de rééduquer – au moins temporairement – le cerveau de façon à atténuer les signes de la maladie. « Cette connectivité accrue reflète le fait que les jeux vidéo peuvent modifier le mode opératoire de certaines structures cérébrales, explique le Dr De Giglio. Cela signifie que même un jeu vidéo très connu peu influencer la plasticité du cerveau et aider à la rééducation cognitive de personnes souffrant de maladies neurologiques comme la sclérose en plaques », conclut le chercheur.

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